Manger ses émotions

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Manger ses émotions

Message  Ortance le Sam 21 Mar 2015 - 12:53

Manger ses émotions

Êtes-vous de celles qui, après une rupture ou une déception, peuvent avaler tout un pot de glace au chocolat? De celles qui, devant un bon suspense au cinéma, vident en un temps record le sac géant de maïs soufflé? Lorsque vous êtes préoccupée, vous arrive-t-il de grignoter toute la journée, sans vraiment vous en apercevoir?

Si oui, il est possible que vous mangiez vos émotions. Si cette pratique est répandue et parfois sans gravité réelle, il demeure que, pour certains, il s'agit d'un réel problème. C'est pourquoi il est important de démystifier cette habitude, d'expliquer les conséquences qu'elle peut avoir et de proposer des solutions pour l'enrayer.


  • La différence entre la faim physiologique et la faim psychologique


La vraie faim, ou faim physiologique, est à l'origine de différents symptômes, comme un sentiment de creux dans l'estomac, des tiraillements ou des gargouillements, voire une légère faiblesse.

La fausse faim, celle qui pousse à « manger ses émotions », n'a rien à voir avec ça. Elle se caractérise par une envie d'aliments, même si le corps n'en a pas besoin. Pas besoin de vivre une situation intense pour que la fausse faim apparaisse. Parfois, il suffit d'être en présence d'aliments tentants, comme un sac de chips ou de biscuits, pour céder à la tentation. Il n'y a rien de mal à se laisser aller à une petite gourmandise à l'occasion, mais si vous absorbez fréquemment des quantités importantes de nourriture alors que votre corps n'en a pas besoin, il y a peut-être lieu de s'inquiéter.


  • Pourquoi mange-t-on ses émotions?


Si on mange ses émotions, c'est principalement pour ne pas avoir à les reconnaître ou à les vivre. C'est pourquoi certaines personnes, en proie à des sentiments négatifs (tristesse, colère, ennui, etc.), se jetteront sur les aliments, préférablement gras ou sucrés, afin d'y trouver un réconfort.

Ce processus est généralement inconscient, d'autant plus que les personnes qui ont tendance à manger leurs émotions finissent par ne plus savoir reconnaître les signaux de faim ou de satiété que leur corps leur envoie. Notez que les sentiments positifs intenses peuvent également pousser certaines personnes à manger à outrance.


  • La nourriture qui réconforte



  1. Le fait de chercher du réconfort dans la nourriture n'est pas anodin, loin de là. Premièrement, dans notre société, la nourriture est souvent associée aux moments forts en émotions. Après tout, n'est-il pas coutumier de s'offrir une bonne bouffe pour célébrer une bonne nouvelle ou un heureux évènement?
  2. Deuxièmement, dès l'enfance, l'action de se nourrir est associée à l'amour maternel, donc au réconfort.
  3. Troisièmement, l'absorption de quantités importantes de nourriture, particulièrement d'aliments gras ou sucrés, agit sur le cerveau comme une drogue, et entraîne la sursimulation des neurotransmetteurs qui procurent une sensation de calme et de plaisir.



  • Les conséquences


Les gens qui mangent leurs émotions sont plus susceptibles de rencontrer divers problèmes, d'ordre physique ou psychologique. Bien entendu, cette habitude peut être à l'origine d'un surpoids, lequel s'accompagne souvent de certains problèmes de santé. Pour certains, les dépenses occasionnées par une alimentation disproportionnée entraîneront des soucis financiers. Par ailleurs, quelqu'un qui mange ses émotions sera peut-être satisfait sur le coup, mais il y a fort à parier que, une fois l'ingestion terminée, la personne se sentira coupable, voire dégoûtée d'elle-même. Finalement, certains souffriront de sérieux troubles des conduites alimentaires, comme l'hyperphagie ou la boulimie.


  • Arrêter de manger ses émotions


Les gens qui mangent leurs émotions peuvent avoir beaucoup de difficulté à arrêter, tout comme les alcooliques ou les toxicomanes sont souvent réticents à abandonner leur consommation. En effet, pour toutes ces personnes, la difficulté réside dans la nécessité d'affronter et de vivre les émotions au moment où elles se présentent, plutôt que de trouver refuge dans une habitude malsaine.

L'important, ce n'est pas tant d'agir sur l'ingestion d'aliments, qui est un symptôme d'un malaise plus profond, mais bien d'affronter le problème sous-jacent, quel qu'il soit. En d'autres termes, la première chose que vous devriez tenter de faire si vous constatez que vous mangez vos émotions, c'est d'apprendre à reconnaître celles-ci.


  • L'utilité d'un journal alimentaire


Un bon moyen d'y parvenir est de tenir un journal, dans lequel vous consignerez les aliments que vous mangez, et aussi la façon dont vous vous sentez au moment où vous mangez, surtout lorsque vous savez que vous abusez.

Au fil des jours, vous parviendrez peut-être à comprendre quelles situations ou sensations vous poussent à compenser avec la nourriture. Parfois, le simple fait d'identifier certaines causes du problème peut permettre d'y trouver une solution.

Il s'agit ensuite de tenter de remplacer le comportement problématique par autre chose. Par exemple, vous réalisez que vous avez tendance à manger vos émotions lorsque vous vous sentez seule. Il vous est alors possible de penser à différentes choses que vous pourriez faire pour vous désennuyer : appeler un ami, aller au cinéma, lire un bon livre... Si vous êtes triste ou en colère, exprimez ces sentiments ou défoulez-vous autrement, en faisant du sport, par exemple. L'important, c'est de reconnaître et d'accepter vos émotions négatives. Souvenez-vous que le fait de les refouler n'apporte rien de bon.


  • Aller chercher de l'aide au besoin


Si l'habitude de manger vos émotions est ancrée dans votre vie depuis longtemps ou qu'elle prend l'allure d'un comportement compulsif impossible à refréner, il est possible que vous n'arriviez pas à vous en débarrasser sans aide.

N'hésitez pas à consulter un diététicien ou encore un psychologue. Ces professionnels pourront vous aider à mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent votre problème et à remédier, petit à petit, à cette habitude néfaste.

Le prix à payer est bien mince en regard des bénéfices que vous en retirerez au bout du compte : une meilleure estime de soi, une meilleure santé et un meilleur équilibre.

Jeanne Dompierre, rédactrice Canal Vie
avatar
Ortance
Minçamie de Diamant - Admirable
Minçamie de Diamant - Admirable

Messages : 2398
Date d'inscription : 04/07/2012
Age : 67
Localisation : Drummondville

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum